Des simulateurs! Pourquoi donc?


Le germe de l'idée est issu d'un constat lié à la méthode d'apprentissage du parapente que j'ai observée depuis... 1986.

Le déclencheur de STIV'Air, un vécu douloureux : Il y a quelques années déjà, un copain, pilote débrouillé, en radio, équipement secours ventral, conscient du travail à effectuer, pas fou du tout, aérologie nulle etc.. qui s'essayait à la fermeture dyssimétrique provoquée à 400m sol s'est fait surprendre et  l'autorotation l'a enmenée jusqu'au sol dans une mare d'eau boueuse qui l'a sauvé en pleine campagne Italienne.. Gravement polytromatisé il revole et le débriéfing s'est donc fait en différentes étapes sur un long terme. L'origine n'est pas une perte de connaissance (comme on pourrait souvent supposer en cas de décès)  mais au bout de quelques tours, le fun aidant et dans un état euphorique conscient il n'a ni vu le sol monter ni écouté les copains qui gueulaient "secours" à la radio.. Il était bien!

Il comptait bien faire quelque chose, bien que peu pratiquée cette technique n'était pas une première et dans sa tête la préparation avait été brieffée.. Mais il n'avait pas encore les automatismes nécessaires pour régler le problème au bon moment et après, il n'a plus pensé à "faire vite". Trop tard!

La grande question nous a sauté aux yeux comme une évidence.. En effet, il faut voler pour savoir voler et voler beaucoup pour savoir bien voler... tirer réellement le secours souvent pour trouver la poignée et.. créer les incidents pour pouvoir les enrayer. Tout ça en prenant un minimum de risque si possible. Depuis, combien de pilotes sont au sol avec un secours pas ouvert?

Le lien filaire qui relie le formateur au débutant n'étant qu' hertzien..  il a de nombreuses lacunes et s'y agripper est quelquefois aléatoire ( radios et déboires d'accus.. ). La cordée n'a plus qu'un seul grimpeur à une extrémité.. autant dire du libre!

Malgré les écoles très nombreuses, l'évolution pédagogique, la qualité des moniteurs, l'engagement de notre fédération dans ce sens, l'aide des anciens dans les clubs, chacun sait que cette réalité est à risque tout de même et que toute manoeuvre n'est maîtrisée qu'en fonction du nombre de fois que nous l'éxécutons. Comme tout du reste, on a tendance à l'oublier.

Certains pensent logiquement aux simulateurs virtuels, mais avant que l'on sente la relation entre la main et les fesses.. ( simulateur cabine Airbus) il y aura du temps et surtout beaucoup d'argent de dépensés en jeux imparfaits... mais ludiques! Ce qui a son charme, c'est dans l'air du temps. Le résultat reste à mesurer, mais il semble logiquement limité.

Le SIV, d'accord on s'approche du besoin et de la réalité, mais combien de "geste" par stage? Coût pour combien de stages? Encadrements spécialisés et spots sur lacs suffisants? Bien que la pente soit bonne, le frein est de taille avant que tout pilote s'y confronte suffisament pour acquérir ses automatismes. Combien de temps? Pourtant ça urge! Chaque termique est un risque à assymétrique..

Donc nos automatismes dépendent du nombre de réalisation du "geste". Les hyper doués étant des exeptions, nous les autres, plus nombreux, sommes très inégaux dans le domaine, nous devons  "travailler nos gammes". Pour l'instant, soit au prix du risque, soit à celui du marché des stages.

La simulation du pilotage avec le S2P nous est venue dans un deuxième temps au contact de pilotes hésitants sur les appuis voire sur des appuis inversés sur des voiles qui n'aiment pas vraiment ça. Du coté virage, le matériel à fait d'énorme progrès, ça aide, mais les finesses actuelles imposent des approches sans improvisation sur la précision du placement et sur la fiabilité d'un virage souvent près du sol, surtout sur les sites à atterrissages.. courts.

Alors oui, pourquoi ne pas tenter de simuler tout ce que nous pourrons, comme pour un pilote de ligne?

Toutes proportions gardées avec cet exemple.. nous avons travaillé depuis 2006 à deux outils qui peuvent aider un pilote ou un futur pilote à évoluer plus vite  en minimisant les risques sur certaines zones chaudes de la formation; Les premiers vols en privilégiant le travail de la position, les appuis sellette, l'amplitude de la commande ( qui emmène à la précision) et le début des vols thermiques avec la gestion des fermetures.

Bien entendu on ne peut pas tout simuler ces points à la perfection, mais nous essayons de nous en approcher et nos deux simulateurs nous semblent être utils. Deviendrons-t-ils indispensables.. ou des autres solutions tirées de cette base seront mieux exploitées? L'avenir le dira.

Vous pouvez suivre cette idée en regardant nos deux outils en essai et en en nous aidant à les améliorer, ils ont juste le mérite d'exister.

STIV'AirSimulateur de Travail sur les Incidents de Vol - Création Air Cluny Vol Libre, étude et réalisation du prototype ENSAM Cluny- Lien

Le S2P Simulateur Physique de Pilotage - Création et réalisation Air Cluny Vol Libre - Lien

Serge Guillaumin - Contact.

 

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